
Figure 1 : Arbre généalogique de la famille des Pallantides et de de Phèdre de Racine.
On voit la famille des Pallantides dans la partie inférieure gauche de l’image. Pallas est le père des Pallantides (nom composé de Pallas et de -ides, qui est un suffixe patryonimique grec signifiant “fils de” ou encore “descendants de”).
Les Pallantides sont au nombre de 7, 12 ou 50 selon les sources. Ils ont une sœur nommée Aricie, dont nous reparlerons plus tard. Pallas, le père, descend d’une famille royale, celle de la cité grecque d’Athènes. Il a (au minimum) trois frères, étant Nisos, Lycos, et Égée, l’ainé. Leur père, Pandion (ou encore Pandion II), est le septième roi d’Athènes.
On verra dans une première partie l’organisation de la succession après la mort de Pandion, dans une deuxième, l’hértié d’Égée, afin de mieux comprendre la suite, dans une troisième, le massacre des Pallantides, et dans une dernière, le sort de leur sœur Aricie.
Pandion, roi d’Athènes, fut chassé de son trône par les fils de Métion, son oncle. Il s’exila alors à Mégare, ville voisine d’Athènes. À sa mort, ses fils s’unirent afin de récupérer le pouvoir à Athènes. Ils se partagèrent ensuite les territoires entre eux : Nisos prit la ville de Mégare, tandis que Pallas, Égée et Lycos se répartirent les régions de l’Attique et de l’Eubée. Néanmoins, l’aîné, Égée, chassa ces derniers peu de temps après, s’appropriant ainsi les deux régions, tandis que Nisos conserva Mégare.
Égée, fort de sa place de roi, devait à présent garantir un héritier. Il essaya d’abord d’en avoir un avec Créuse, sans succès. Il la répudia donc pour Chalciope, avec qui il n’eut pas plus de chance. Il se décida alors à aller consulter l’oracle de Delphes à ce propos, qui lui dit : “Tu ne dois en aucun cas délier le col de ton outre gonflée de vin avant d’avoir atteint le plus haut degré d’Athènes”.
Égée, qui ne comprit pas la signification du message, s’arrêta à Trézène pour demander conseil à son ami Pithée. Pithée, ayant saisi le sens de l’oracle, envisagea de lui accorder la main de sa fille Æthra. Il enivra Égée sur l’île de Sphairia. De cette union naquit Thésée, neuf mois plus tard.

Figure 2: Ile de Sphairia, Jacob von Falke (1887).
Avant de partir, Égée plaça sous une pierre une épée et des sandales, en déclarant que, si Thésée parvenait un jour à la soulever, il pourrait alors revenir à Athènes et se faire reconnaître. Ce fut précisément ce qu’il fit, à l’âge de 16 ans et du premier coup, après que sa mère Æthra lui eut révélé ses origines.
Revenu à Athènes par la terre, voie bien plus dangereuse que la mer, il ne fut d’abord pas reconnu et l’on tenta de l’empoisonner. Ce n’est qu’après avoir vu sur lui les objets cachés sous la pierre qu’Égée le considéra comme son fils.
Athènes venait alors de découvrir le fils d’Égée, que l’on pensait sans héritier. Il avait en effet été caché en secret, loin de la ville. Les Pallantides, jusque-là plutôt calmes, espéraient bien reprendre le trône à la mort d’Égée. La découverte de Thésée fut pour eux une catastrophe.
Ils prirent alors la décision d’attaquer la ville. Ils formèrent deux groupes : l’un se posta en embuscade au village de Garguettus, avec la moitié des Pallantides et leur porte-parole Leos, tandis que l’autre se rassembla à Sphettus, prêt à remonter vers Athènes. Ce dernier groupe était composé de l’autre moitié des Pallantides, de Pallas et de serviteurs.

Figure 3: La formation des Pallantides.
C’est alors que Léos, leur héraut, les trahit. Il avertit Thésée des plans d’attaque des Pallantides. Thésée, aidé d’Égée, les attaqua par surprise. Ils tuèrent tous les hommes des deux groupes, c’est-à- dire Pallas, les Pallantides et le reste (bien que d’autres sources affirment que le groupe de Pallas put se retirer à temps).
Aricie, fille de Pallas, était alors le dernier membre de la famille des Pallantides. Dans Phèdre de Racine, elle fut faite captive à la cour d’Athènes par Thésée afin que sa descendance ne puisse rivaliser avec celle du roi. Elle aimait Hippolyte, le fils de Thésée, bien que cet amour fût impossible. Après la mort d’Hippolyte, Thésée l’adopta pour se faire pardonner d’être la cause de la disparition de son aimant.
Ainsi, la famille des Pallantides était une famille nombreuse, ayant pour aïeul Pandion, septième roi d’Athènes. Ils aspiraient au pouvoir et souhaitaient récupérer le trône d’Athènes après la mort d’Égée. Néanmoins, leur destinée fut tragique : trahis par Léos, ils furent tués par celui dont ils auraient voulu prendre la place, Thésée, et dont ils ne soupçonnaient pas l’existence. Le dernier membre de la famille des Pallantides, Aricie, épargnée des combats et captive de Thésée, subit la mort de son bien-aimé, Hippolyte. Pour se faire pardonner, Thésée l’adopta, n’ayant alors plus d’héritier.
Sitographie
Mythologica.fr/grec/egee.htm
(d'après Apollodore, Bibliothèque: I,9,28 ; III,15,5 Ovide, Métamorphoses: VII,402 sqq Pausanias, Périégèse: I,5,3 ; I,39,4)
Les grands mythes - 16 - Thésée ou les ravages de l’oubli (ARTE)
Wikipedia.org/wiki/Pallantides (version anglaise)
(d'après Euripide, Hippolyte : "Puis Thesée dut quitter le pays de Cécrops expiant par l'exil le sang versé des Pallantides", Aphrodite, prologue. (et scholie à Hippolyte, 10). Pausanias, I, 22, 2 ; 28, 10.)
olyrix.com/oeuvres/352/hippolyte-et-aricie/personnages
theatreclassique.fr/pages/pdf/RACINEPHEDRE.pdf
https://mythologica.fr/grec/pallas.htm
(d'après Apollodore, Bibliothèque: III, 15, 5 Pausanias, Périégèse: I, 28, 10)
Bibliographie
Les Vies parallèles de Plutarque (Βίοι Παράλληλοι)
Partie sur Thésée
Mythologie grecque et romaine de Jean Pierre Louis Humbert
124. Héros et demi-dieux